Le grand puzzle de Pompéi
Des dizaines de milliers de fragments de fresques antiques, effondrées lors de l’éruption du
Vésuve en l’an 79, dorment dans les réserves de Pompéi. Un gigantesque puzzle irrésolu. Et
si l’intelligence artificielle et la robotique se mettaient au service de l’archéologie pour
résoudre cette énigme ? C’est le pari fou d’un projet scientifique unique baptisé RePAIR. Il
fédère des informaticiens et des roboticiens venus d’une dizaine de pays qui vont tenter de
mettre au point les outils qui, demain, viendront seconder les archéologues. Un parcours semé
d’embûche. Il y a d’abord cet écart abyssal entre des algorithmes conçus pour des puzzles de
laboratoires et des fragments vieux de 2000 ans, aux bords érodés, aux motifs effacés. Les
spécialistes en intelligence artificielle vont devoir repartir de zéro, et créer des algorithmes
copiant les méthodes très particulières des archéologues spécialistes des fresques
fragmentaires. Il va aussi s’agir de créer un robot humanoïde, capable de manipuler sans les
détériorer des morceaux de fresque uniques afin de les assembler dans un ordre cohérent. Les
tests se font avec de faux fragments, et une fois installé à Pompéi, la fiabilité du robot devra
être irréprochable pour que les conservateurs l’autorisent à manipuler des fragments
originaux, irremplaçables. Cette course contre la montre scientifique va durer quatre ans. Et
son issue suscite des espoirs immenses. Dans les réserves archéologiques, des millions
d’autres fragments prennent la poussière et ne demandent qu’à reprendre vie.


